Recherches sur la BD 1987) 1 février - Dupuis contre le Festival d’Angoulême
En
1987, Dupuis ne vint pas à Angoulême. Mais Jean Van Hamme, alors
directeur, vint expliquer pourquoi. Peu connu à l'époque, il est à noter
qu'il devient "Jacques" pour l'article.
Voici la retranscription de l'article signé Jérôme Souffrice :
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«L'affaire» a jeté l'émoi dans le monde de l'édition et chez les auteurs. Elle est devenue le sujet de prédilection des festivaliers depuis l'ouverture, jeudi, du XIV' Salon de la bande dessinée d'Angoulême. La nouvelle circule sous toutes les bulles, nourrit des inquiétudes, institue des débats, provoque des analyses contradictoires et jette le monde la B.D. dans l'expectative.
Hier après-midi, M. Jacques Van Hamme, directeur des éditions Dupuis, est venu expliciter, lors d'un débat public, les raisons qui ont poussé ce grand de La B.D. à ne pas participer cette année à la manifestation angoumoisine.
«Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une politique éditoriale et d'une stratégie de marketing. Nous ne nourrissons aucun grief vis-à-vis d'Angoulême qui a permis à la bande dessinée de s'épanouir. Mais pour nous, qui sommes spécialisés dans la bande dessinée pour les jeunes, le rendement n'est pas intéressant. Le public qui vient à Angoulême nous est déjà acquis et participer à cette manifestation, pour Dupuis, revient à promotionner des bibles dans un monastère» , a indiqué M. Van Hamme.
Cette attitude (venir à Angoulême pour expliquer sa non-participation) n'a guère été jugée courtoise par les autres maisons d'édition. Un auteur demanda même si cette absence ne masquait pas simplement un coup médiatique. «Dupuis préfère désormais participer à des manifestations comme le Salon du livre de Paris et la Foire de Bruxelles où nous pouvons rencontrer un nouveau public. Car, n'oublions pas que, s'il n'y avait pas d'apprentissage grâce à la bande dessinée d'enfants, la B.D. adultes n'existerait pas», a précisé M. Van Hamme.
Des arguments qui n'ont pas convaincu le directeur des éditions Casterman, M. Louis Gérard, qui s'est fait le porte-parole de nombreux confrères, en répliquant: «Angoulême coûte cher, mais, si la bande dessinée a aujourd'hui droit de cité, c'est notamment grâce à cette manifestation et à la couverture médiatique qui en est faite.» Le ton, on le voit, a été parfois vif lors de ce débat où les différents intervenants ont au moins trouvé un point d'accord pour entamer une vaste réflexion sur la nature du Salon d'Angoulême et son évolution.
Voici la retranscription de l'article signé Jérôme Souffrice :
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«L'affaire» a jeté l'émoi dans le monde de l'édition et chez les auteurs. Elle est devenue le sujet de prédilection des festivaliers depuis l'ouverture, jeudi, du XIV' Salon de la bande dessinée d'Angoulême. La nouvelle circule sous toutes les bulles, nourrit des inquiétudes, institue des débats, provoque des analyses contradictoires et jette le monde la B.D. dans l'expectative.
Hier après-midi, M. Jacques Van Hamme, directeur des éditions Dupuis, est venu expliciter, lors d'un débat public, les raisons qui ont poussé ce grand de La B.D. à ne pas participer cette année à la manifestation angoumoisine.
«Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une politique éditoriale et d'une stratégie de marketing. Nous ne nourrissons aucun grief vis-à-vis d'Angoulême qui a permis à la bande dessinée de s'épanouir. Mais pour nous, qui sommes spécialisés dans la bande dessinée pour les jeunes, le rendement n'est pas intéressant. Le public qui vient à Angoulême nous est déjà acquis et participer à cette manifestation, pour Dupuis, revient à promotionner des bibles dans un monastère» , a indiqué M. Van Hamme.
Cette attitude (venir à Angoulême pour expliquer sa non-participation) n'a guère été jugée courtoise par les autres maisons d'édition. Un auteur demanda même si cette absence ne masquait pas simplement un coup médiatique. «Dupuis préfère désormais participer à des manifestations comme le Salon du livre de Paris et la Foire de Bruxelles où nous pouvons rencontrer un nouveau public. Car, n'oublions pas que, s'il n'y avait pas d'apprentissage grâce à la bande dessinée d'enfants, la B.D. adultes n'existerait pas», a précisé M. Van Hamme.
Des arguments qui n'ont pas convaincu le directeur des éditions Casterman, M. Louis Gérard, qui s'est fait le porte-parole de nombreux confrères, en répliquant: «Angoulême coûte cher, mais, si la bande dessinée a aujourd'hui droit de cité, c'est notamment grâce à cette manifestation et à la couverture médiatique qui en est faite.» Le ton, on le voit, a été parfois vif lors de ce débat où les différents intervenants ont au moins trouvé un point d'accord pour entamer une vaste réflexion sur la nature du Salon d'Angoulême et son évolution.

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