Recherches sur la BD 1970) 29 janvier - Enquête sur la lecture de la BD sur 690 jeunes

Toujours en 1970 dans 'Sud-Ouest', mais du pro-BD avec une étude sur les jeunes et une mise en avant de l'expo de Pierre Pascal.








J'ai retranscrit l'article :
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«Allons, dépêche-toi», fait la mère agacée. Le mioche en prend un, au hasard, avec un grand diable en peau d'ours, qui pourchasse dans un éclat de rire une nuée de flèches et de plumes rouges.

Vous souriez à ce souvenir, peut-être personnel, mais devenu si habituel qu'un sondage récent révélait que deux enfants sur trois lisent cinq illustrés par semaine.

Le Centre régional de documentation pédagogique (cours Alsace-Lorraine, à Bordeaux), vient de publier une enquête portant sur 690 jeunes de 12 à 17 ans dans le Sud-Ouest.

A cet âge, on joue encore aux billes ou on fait déjà de la politique, mais on engouffre
de la bande dessinée au quintal. Pour 85% d'entre eux environ, la moyenne de la lecture est de zéro à deux heures par semaine. Pas de quoi inquiéter les parents sur le plan scolaire; ils sont 12% à approuver, contre 70% d'indifférents. Le reste est contre, peut-être parce que le bon shérif-aviateur-intrépide et le poulet - rachitique - vainqueur - des-jaunes, ne peuvent être pris au sérieux. C'est peut-être le grand problème de la bande dessinée. On la considère comme un divertissement futile, plus nocif qu'un autre parce que détournant, au moins en apparence, d'une certaine idée de la «kulture».

Les jeunes eux-mêmes en lisent «parce qu'elles détendent» (25 %) , ou «parce qu'elles sont faciles à lire» (14%). Et 21%, «parce qu'elles font rire».

«C'est bien, d'ailleurs, de leur âge, dit Mme Lalond, pédagogue, car la télévision qu'ils voient quotidiennement, le cinéma, la vie courante, ne leur en donnent pas toujours l'occasion !»

Mais, depuis les années 1960, la bande dessinée a trouvé son «second souffle». Quelques associations d'amateurs (clubs français et belges, Socerlid), s'efforcent de découvrir ses lignes de force et d'action.

Pour faire le point, le C.R.D.P. présente, à Bordeaux, jusqu'au 21 mars, une exposition
sur le thème : « Mythes, histoire et langage dans les bandes dessinées».

En tout, cent quatre-vingt-six reproductions, depuis celle du bas-relief peint du petit temple d'Abou-Simbel, jusqu'à Barbarella, de J.-C. Forest, sans oublier le célèbre «Tarzan», de Foster, «les Pieds Nickelés», ni les «Bérets Verts».

Et si l'exploitation commerciale de l'érotisme et de la violence donne lieu à controverse, avec des bandes dites «pour adultes», il existe actuellement des recherches plus discrètes, au niveau des publications «Underground» ou non, qui vont peut-être donner ses lettres de noblesse à la bande dessinée.

«Les dessins sans le texte n'auraient qu'une signification obscure, disait déjà le Suisse Töpffer, en 1847. Le texte sans les dessins ne signifierait rien.»

A partir de cette relation image-texte, d'autres formes d'expressions se sont développées, et cet art dont on connaît mal la valeur et les limites touche aux domaines les plus divers :
«..., Cinéma, publicité, pop'art, humour. Voilà pourquoi, dit Guy Gauthier, de la Ligue
française de l'enseignement, l'imprudent qui s'aventure à parler de bande dessinée finit toujours par parler de tout...»
Jean-Pierre SPIRLET.

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