Recherches sur la BD 1985) Uderzo invité de la revue 'Haga'

En 1985, Uderzo parle dans la revue 'Haga'. Cet extrait revient sur la crise de mai 68 à Pilote.

"HAGA - Question piège Monsieur Uderzo, lisez-vous des Bandes Dessinées ?
UDERZO - En fait, je ne lis plus de B.D. Il y a eu dans les années 68-69 un petit conflit dans le métier et surtout dans l'équipe "Pilote", qui s'est traduit par le fait que l’on a mis Goscinny et Uderzo un peu à l’écart de la profession.
Un mouvement de révolte a surgi au sein de " Pilote". Cela nous avait désarçonnés tous les deux, mais Goscinny y était pus sensible car il avait besoin de davantage de contacts avec les autres auteurs de part sa fonction de Directeur de Publication.
Il avait la responsabilité d`un travail rédactionnel, il avait donc affaire avec ses auteurs. Ces deniers l'ont laissé tomber, tous sont partis, chacun de leur côté, laissant "Pilote" dans une situation un peu difficile. Depuis, je crois que "Pilote" ne s'en est pas totalement remis.
Cet état de fait a donc découragé René plus que moi, et une séparation s’est faite entre eux et nous!
A partir de cet instant je n'ai plus éprouvé |'envie de lire mes confrères, que ce soit sur un plan professionnel ou d'amitié.
La deuxième raison est que j'ai toujours été très influençable et j'ai eu peur d’être influencé par un autre auteur. Si donc quelquefois il y a des rencontres qui se font, je n’aurai rien à me reprocher, ce ne sera que pure coïncidence. Car parfois l'inconscient retient une image qu’on reproduit ensuite, persuadé de ne l’avoir jamais vue. Je n'ai plus du tout le même engouement pour la B.D., pas pour elle-même, mais parce que j'ai eu des problèmes.
HAGA - Il vous reste encore une amertume?
UDERZO - Je l’ai eue pendant longtemps, il est difficile de l'oublier complètement.
Aujourd'hui je suis très peu au courant des jeunes auteurs qui paraissent. Je reçois toujours "Pilote" en Service de Presse, alors je lis "Pilote". Mais" Pilote" n’est pas toute la B.D. Parfois je suis enthousiasmé par ce qui se fait, parfois un peu déçu, un peu désarmé.
Bilal, je le cite souvent, est un auteur qui a beaucoup de talent. Je ne connais pas les autres publications qui pourraient me permettre de connaître ce qui se fait actuellement dans le métier.”

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